Author: Soune

Ma cousine et Martin, je vous souhaite en ce jour
Pour les jours à venir, les mois, les décennies,
De la compréhension, de la patience aussi
De la complicité et toujours de l’amour !

Je me réjouis Marie que tu aies su trouver
L’heureux mortel qui te comblera de tendresse,
Chevalier près duquel tu deviens princesse
Et partage ce soir votre félicité.

Les instants ont coulé et les années passé
Le souvenir est là, le chagrin est resté ;
La douleur toutefois s’est un peu adoucie
Toujours aussi profonde – un peu moins acérée –
Qui me suit tendrement où j’emmène ma vie.

C’est tellement riant
De pouvoir aujourd’hui
Entendre constamment
Des voix que je chéris
– Les voeux de mes amis,
Les baisers de parents –

Et toute la journée
Recevoir des sourires,
Des mots attentionnés,
Qui font s’épanouir
Le candide plaisir
De me sentir aimée.

Dans l’air gelé et sous la lune
Les flocons vont, virevoltants ;
Le monde s’est paré d’un blanc
Qui resplendit depuis la brune :

Il n’existe plus de couleurs
– Tout est obscur et lumineux –
Mon souffle semble vaporeux
Dans le silence et la fraîcheur.

Les douze mois passés ne m’ont pas été tendres ;
Chaque aube, chaque jour, presque m’ont vue lever
Abimée c’est certain, pourtant déterminée
A briser mes langueurs, aussi à réapprendre
Que ma joie est de ma responsabilité.

Le temps fuit : avec lui parfois quelques parcelles
De culpabilité, de chagrin et d’horreur ;
Les souvenirs reprennent une sombre douceur,
Je souris et parfois la vie me paraît belle,
Des histoires, des voix font frissonner mon coeur.

Je veux continuer d’avancer en silence
En trouvant de la joie chaque fois que je peux ;
J’essaierai d’exalter les charmes du ciel bleu,
Les parfums de la pluie, le chant du vent qui danse,
Et au fil de ces pas, doucement, d’aller mieux.

Le ciel est radieux ; le froid soleil d’automne
Resplendit dans un jour limpide et lumineux ;
Entre les murs de pierre, les pas légers résonnent
Des visiteurs muets d’un éternel adieu

Car c’est le jour des morts et les fleurs prolifèrent,
Kyrielle de couleurs sur les tombes gelées,
Elles miment la vie au coeur du cimetière
Lorsque, mortes, les feuilles commencent de tomber.

Sous les charmilles de la fièvre
Marchent des Pierrots incolores
Jonglant avec huit anneaux d’or
Alors que vagissent trois lièvres
Chevauchant leur toréador.

Dans le salon brûlant j’ai vu
Danser des arlequins chanteurs
Sur des plateaux remplis de fleurs,
Valser des pantins moustachus
Nourris de bruit et de chaleur

Et la cuisine en proie aux flammes
Abrite des cuisiniers fous
Et des meutes de carcajous
Qui, maquillés comme des dames,
Hurlent dans des lits d’acajou.

Mais quand s’ouvre mon oeil en feu
Tout ce tumulte, effarouché,
Fuit et me laisse distinguer
Les bourrasques du vent furieux
Dans les feuilles des peupliers.

Quelle était ta douleur, quelle était ta détresse
Ou ta rage pour que tu ailles, grand couillon,
Préférer à ma bouche la bouche d’un canon
L’oubli à mes baisers, la mort à mes caresses ?

Tu étais tourmenté mais comment as-tu pu
Nous abreuvant de tes sourires mensongers,
Inventant des projets qui nous faisaient rêver
Décider de te tuer sans que nous l’ayons vu ?

Et cela fait un an cette nuit, tendre coeur
Que tes membres sont froids, ton beau corps immobile,
Tes sourires perdus, que ta voix juvénile
Est éteinte à jamais – et que coulent mes pleurs.

Il est des gens auxquels mon coeur est attaché ;
La vie et ses hasards m’ont fait croiser leurs pas,
Leur temps et leurs sourires, leurs pensées et leur voix
Et nos affinités nous ont pour longtemps liés

Et quand je pense à eux, je me trouve grandie,
Suis fière quand je crois mériter leur estime ;
Lors des moments obscurs la pensée me ranime
De savoir que je peux les appeler amis.

Tu n’as pas eu trente-deux ans
Joli grand con, gentil couillon ;
La brusque fin de tes tourments
Laisse dans la consternation
Ceux qui t’aiment profondément.

Bon anniversaire, tendre coeur,
Tu m’as, comme ami, comme amant,
Comblée de joie et de douceur
Et ton absence constamment
M’inflige une sourde douleur.