Non loin de l’océan il se trouve un endroit
Dont on parle bien peu mais qu’on évite encore
Où nulle fleur sauvage ne parvient à éclore
Et où nul animal ne porte plus ses pas :

Là bas, les membres tremblent et les os sont gelés
Sous les sursauts rageurs de l’air qui se déchaine
Et frappe sans relâche pour arracher l’haleine
Des corps qui se faufilent entre les rocs dressés

Pourtant l’air était doux dans le petit vallon
Les feuilles et les fleurs des vergers séculaires
Apportaient aux flâneurs une ombre salutaire ;
La brise l’éclairait de ses ondulations.

Les hommes ont investi alors ces doux coteaux
Et ils ont érigé en cercle dix menhirs :
Les pierres en tombant piégèrent le zéphyr
Qui prenait au soleil un instant de repos.

Depuis il se débat et hurle sans répit,
S’évertue à briser le cromlech qui le blesse,
Dans ses tourments il pense à ses bourreaux sans cesse
Et, furieux captif, les blâme et les maudit.

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>